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Materiel fitness : 22,5 Md$ d'ici 2035

Le matériel fitness devrait atteindre 22,5 Md$ d'ici 2035. Pour les marques, le vrai enjeu n'est plus le hardware, c'est la donnée.

Overhead view of a modern gym with rows of exercise equipment arranged in geometric formation under natural light.

Matériel fitness : 22,5 Md$ d'ici 2035, la bataille se joue sur les données

Le marché mondial du matériel fitness s'apprête à franchir un cap historique. Selon un rapport de marché publié en avril 2026 sur openPR, le secteur devrait atteindre 22,5 milliards de dollars d'ici 2035, porté par trois moteurs principaux : les systèmes d'entraînement intégrant l'intelligence artificielle, les équipements connectés pour la maison, et les plateformes de coaching numérique. Pour les marques d'équipements, la question stratégique a radicalement changé de nature. C'est plus une guerre de specs techniques. C'est une guerre d'écosystèmes de données.

Et les marques qui n'ont pas encore compris ça ont entre 18 et 24 mois pour prendre le virage, avant que le marché ne se referme sur quelques acteurs dominants.

Un marché qui accélère malgré un contexte économique tendu

Ce qui frappe dans cette projection, c'est le timing. On parle d'une croissance soutenue alors même que les taux d'intérêt élevés continuent de peser sur la consommation discrétionnaire. Et pourtant, les chiffres plaident pour eux-mêmes.

Le segment fitness de Garmin a affiché une croissance de 42% au premier trimestre 2026, ce qui confirme que les consommateurs sont prêts à dépenser sur du matériel haut de gamme, à condition qu'il soit riche en données. Tu peux retrouver le détail de cette performance dans notre analyse de Garmin T1 2026 : +42% sur les wearables. Ce chiffre n'est pas anodin : il illustre que la valeur perçue s'est déplacée du hardware vers l'expérience connectée qu'il génère.

Du côté de l'Europe, le contexte est tout aussi favorable. Le marché fitness européen bat des records en 2026, avec une demande structurelle qui soutient les investissements en équipements connectés, que ce soit côté salles de sport ou côté home fitness. C'est un signal fort pour les décideurs de marques qui hésitent encore à allouer des budgets tech.

Le hardware seul ne suffit plus : la couche logicielle devient le vrai produit

Bah en fait, la vraie rupture de ce marché à 22,5 milliards, c'est pas l'équipement lui-même. C'est ce que l'équipement génère comme données, et ce qu'on en fait.

Les marques qui intègrent des couches de coaching propriétaire ou de personnalisation par IA construisent des revenus récurrents défendables que les fabricants de matériel traditionnel ne peuvent tout simplement pas répliquer. Un tapis de course connecté avec abonnement coaching génère 3 à 5 fois plus de valeur vie client qu'un équipement vendu sec. Les fabricants "commodity" voient leurs marges compressées année après année, pendant que les acteurs de l'écosystème consolident leur position.

Ce phénomène s'inscrit dans une tendance plus large que nous avons documentée sur le marché du fitness hyper-personnalisé à 31 Mds$, où la personnalisation par IA devient le critère d'achat numéro un, devant le prix et même la qualité de fabrication perçue.

Pour les marques d'équipements, deux chemins se dessinent : soit développer cette couche logicielle en interne, soit nouer des partenariats stratégiques avec des plateformes de coaching numérique. L'un ou l'autre, mais pas ni l'un ni l'autre. L'immobilisme est la seule option réellement dangereuse ici.

Home fitness et salles commerciales : deux dynamiques, une même logique de données

Le marché se développe sur deux fronts simultanément, et c'est ce qui rend la projection à 22,5 milliards crédible.

D'un côté, le home fitness. L'accélération post-pandémique a généré des investissements durables en infrastructure domestique. Les consommateurs qui ont équipé leur espace d'entraînement entre 2020 et 2022 arrivent maintenant en phase de renouvellement, avec des attentes radicalement plus élevées en matière de connectivité et de guidage. La demande pour les équipements connectés de milieu de gamme reste donc soutenue, et cette tendance devrait s'amplifier jusqu'à 2035.

De l'autre côté, les opérateurs de salles commerciales. Leur logique d'achat a elle aussi évolué. Ce qu'ils recherchent dans un équipement en 2026, c'est pas seulement la durabilité ou l'ergonomie. C'est la capacité à générer des analytics d'occupation et de performance, exploitables pour optimiser leurs plannings, personnaliser l'expérience membre et réduire le churn. Un rameur qui remonte des données en temps réel sur l'utilisation, les patterns de séance et les profils de force des membres, c'est un outil de gestion autant qu'un équipement sportif.

Cette double dynamique, home et commercial, crée un marché total adressable qui justifie pleinement les projections les plus optimistes du rapport openPR.

Ce que les décideurs de marques doivent faire dans les 18 prochains mois

La fenêtre d'action est courte. Le signal envoyé par la projection 2035 est clair : le fossé concurrentiel se déplace de l'échelle de fabrication vers l'intégration logicielle et la monétisation des données. Les marques qui attendent 2027 pour prendre ce virage risquent fort de trouver les positions stratégiques déjà occupées.

Concrètement, voilà ce que ça implique pour les équipes dirigeantes :

  • Auditer l'existant : quelles données ton matériel génère-t-il aujourd'hui, et qui les possède ? Si c'est une plateforme tierce, tu as un problème de dépendance stratégique.
  • Identifier les partenariats à nouer : plateformes de coaching, éditeurs de logiciels de gestion, acteurs du wearable. La logique d'écosystème prime sur la logique de produit isolé.
  • Construire ou acquérir une couche de personnalisation : un programme d'entraînement adaptatif intégré à ton matériel est bien plus défendable qu'une fonctionnalité hardware copiable en six mois par un concurrent asiatique.
  • Penser licensing de données : les données agrégées et anonymisées générées par ton parc d'équipements ont une valeur marchande pour les assureurs santé, les mutuelles, et les acteurs de la santé préventive. C'est un levier de revenus encore largement sous-exploité.

Ces enjeux recoupent directement ce que le secteur athleisure a déjà commencé à intégrer dans sa stratégie de marque, comme on l'a analysé dans notre article sur le marché athleisure à cap sur 1 157 Mds$ d'ici 2035 : la donnée comportementale du consommateur devient l'actif le plus précieux, devant le produit physique lui-même.

Pourquoi l'utilisateur final reste au centre de l'équation

Au fond, toute cette transformation industrielle ne tient que si elle délivre une valeur réelle à l'utilisateur final. Et là, la connexion avec les tendances de fond du fitness de consommation est évidente.

Les personnes qui s'entraînent régulièrement, que ce soit sur un vélo connecté à la maison ou sur un appareil de salle, attendent de leur matériel qu'il comprenne leur progression, adapte leur programme, et leur permette de varier leurs séances pour maximiser leurs résultats. Des études menées sur de larges cohortes confirment d'ailleurs que varier ses entraînements allonge la durée de vie en bonne santé, ce qui renforce l'intérêt d'un équipement capable de suggérer cette variété de façon intelligente.

C'est précisément ici que l'IA embarquée dans le matériel cesse d'être un argument marketing pour devenir un vrai bénéfice fonctionnel. Un système qui analyse tes séances, identifie tes patterns de fatigue, et ajuste les recommandations en temps réel, c'est pas du luxe. C'est de la rétention, de la fidélisation, et in fine, de la croissance durable pour la marque qui l'a conçu.

Le marché à 22,5 milliards de dollars d'ici 2035 ne se gagnera pas à coups de nouvelles références catalogue. Il se gagnera sur la capacité à créer des écosystèmes dans lesquels l'utilisateur a envie de rester, parce que son équipement le connaît mieux que n'importe quel autre outil. Les marques qui ont compris ça aujourd'hui ont une longueur d'avance. Les autres ont encore une fenêtre. Elle ne durera pas.