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Record du monde féminin du marathon : toutes les détentrices depuis Grete Waitz

De Grete Waitz en 1979 à Tigist Assefa en 2026 à Londres, retracez l'évolution complète du record du monde féminin du marathon : 17 minutes gagnées en presque 50 ans.

A solitary runner jogs toward the horizon on an open trail through golden grassland under warm late-afternoon light.

Le 27 avril 2026 à Londres, Tigist Assefa a repoussé les limites du marathon féminin à 2h15'41. Une performance qui s'inscrit dans une longue progression commencée il y a presque 50 ans, quand une Norvégienne nommée Grete Waitz a redéfini ce que les femmes pouvaient accomplir sur 42,195 kilomètres.

L'histoire du record du monde féminin est celle d'une accélération constante : 17 minutes grappillées en moins de 50 ans, portées par des athlètes qui ont brisé les idées reçues une course à la fois. Voici la liste complète, de Waitz à Assefa.

1979 – Grete Waitz ouvre la voie (2h32'30)

Quand Grete Waitz franchit la ligne d'arrivée du marathon de New York en 1979 avec un temps de 2h32'30, elle établit le premier record du monde officiel féminin reconnu par l'IAAF. La Norvégienne avait initialement refusé l'invitation, estimant que 42 km dépassait ses capacités. Elle rentra à Oslo en ayant tout simplement réécrit l'histoire du sport féminin.

Pour comprendre l'ampleur du bond : les hommes couraient déjà sous les 2h10 depuis plus d'une décennie. Waitz ouvrit une porte que les femmes allaient s'empresser de franchir.

1983-1985 – Benoit et Kristiansen poussent sous les 2h30

Joan Benoit (États-Unis) passa sous les 2h23 en 1983 avec 2h22'43 à Boston, avant de remporter l'or olympique à Los Angeles en 1984. C'était la première édition où le marathon féminin figurait aux Jeux. Deux ans plus tard, la Norvégienne Ingrid Kristiansen descendit à 2h21'06 à Londres en 1985, un record qui allait tenir 13 ans.

Ces deux athlètes imposèrent un rythme de progression remarquable : 11 minutes gagnées en moins de 7 ans.

1998-2001 – L'ère africaine commence

La Kényane Tegla Loroupe prit le relais à la fin des années 1990, descendant à 2h20'43 à Rotterdam en 1998, puis 2h20'43. La Japonaise Naoko Takahashi brisa ensuite la barrière des 2h20 avec un 2h19'46 à Berlin en 2001. L'Afrique de l'Est et l'Asie commençaient à dominer, tandis que les Européennes s'effaçaient progressivement du podium des records.

2002-2003 – Paula Radcliffe, la bascule

Paula Radcliffe (Grande-Bretagne) est l'athlète qui a le plus brutalement repoussé les limites. En 2002 à Chicago, elle court en 2h17'18. Puis en avril 2003 à Londres, elle plante un 2h15'25 qui paraît irréel pour l'époque. Ce temps restera le record du monde pendant 16 ans — une éternité dans un sport en constante évolution.

Radcliffe courut avec une régularité métronomique et une combativité qui inspirèrent une génération entière de marathoniennes. Son record n'a pas été battu en course mixte avant 2019.

2019 – Brigid Kosgei pulvérise Radcliffe (2h14'04)

Après 16 années de règne de Radcliffe, la Kényane Brigid Kosgei mit fin à la résistance lors du marathon de Chicago en octobre 2019 : 2h14'04. Plus d'une minute arrachée au record de la Britannique en une seule course. Kosgei courait avec des Nike Vaporfly Next%, la première génération de chaussures à plaque carbone qui allait transformer le marathon mondial.

Cette performance marqua l'entrée dans une nouvelle ère : les chaussures technologiques devinrent incontournables à haut niveau.

2026 – Assefa à Londres (2h15'41) : un record qui renouvelle les débats

Le 27 avril 2026, Tigist Assefa franchit la ligne d'arrivée du marathon de Londres dans le froid londonien avec 2h15'41. Un chrono qui relance les comparaisons avec l'ère Radcliffe et place la progression sur une trajectoire fascinante.

La course de Londres est souvent plus lente que Berlin ou Chicago en raison de son profil légèrement plus exigeant, ce qui rend le chrono d'Assefa particulièrement impressionnant dans le contexte de la journée. En parallèle, Sabastian Sawe et Yomif Kejelcha brisaient la barrière des 2 heures chez les hommes : une journée historique à double titre pour le marathon mondial.

La progression en chiffres

1979 – Grete Waitz : 2h32'30 1983 – Joan Benoit : 2h22'43 (−9'47) 1985 – Ingrid Kristiansen : 2h21'06 (−1'37) 1998 – Tegla Loroupe : 2h20'43 (−0'23) 2001 – Naoko Takahashi : 2h19'46 (−0'57) 2002 – Paula Radcliffe : 2h17'18 (−2'28) 2003 – Paula Radcliffe : 2h15'25 (−1'53) 2019 – Brigid Kosgei : 2h14'04 (−1'21) 2026 – Tigist Assefa : 2h15'41*

Total gagné depuis 1979 : plus de 17 minutes en 47 ans.

L'histoire du record du monde féminin du marathon est celle d'une progression collective, bâtie par des pionnières qui ont ouvert la voie à chaque génération suivante. Des chaussures à plaque carbone aux groupes de pacemakers, les conditions ne cessent de s'améliorer. La question n'est plus si une femme courra sous les 2h10 un jour — mais quand.