Le rapport Wellhub 2026 : ce qu'il dit, chiffres à l'appui
Chaque année, Wellhub, anciennement Gympass, désormais la plus grande plateforme mondiale de bien-être en entreprise avec plus de 50 000 entreprises partenaires, publie son rapport State of Work-Life Wellness. L'édition 2026 est la plus documentée à ce jour : plus de 5 000 salariés et dirigeants interrogés dans 9 pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le chiffre le plus frappant de cette édition : 93% des salariés considèrent que le bien-être au travail est aussi important que le salaire au moment d'évaluer une offre d'emploi. Ce chiffre était de 83% en 2022. En quatre ans, le bien-être professionnel est passé du statut d'avantage secondaire à celui de critère de décision primaire.
Pour les directions RH et les dirigeants qui cherchent encore à justifier un budget bien-être, ce rapport fournit enfin les arguments quantifiés qui manquaient aux conversations stratégiques.
Rétention : le lien bien-être, turnover est maintenant mesurable
La corrélation la plus robuste du rapport concerne la rétention. Les salariés qui utilisent régulièrement les avantages bien-être proposés par leur employeur, qu'il s'agisse d'accès à des salles de sport, de suivi psychologique, de nutrition ou de méditation, sont 4,5 fois moins susceptibles de déclarer une intention de quitter leur poste dans les 12 prochains mois.
Ce ratio de 4,5x n'est pas un effet de sélection naturelle, ce ne sont pas simplement les salariés les plus engagés qui utilisent les avantages et qui, par nature, restent plus longtemps. Wellhub contrôle cet effet dans son analyse en segmentant par niveau d'engagement préexistant. La relation tient après le contrôle statistique.
Pour une entreprise de 200 salariés avec un turnover annuel moyen de 15% (30 départs), réduire ce turnover de 20% représente 6 départs évités. Si le coût de remplacement moyen d'un salarié est estimé entre 50% et 200% de son salaire annuel, les données Deloitte 2026 le placent à 78% en moyenne pour les postes de knowledge workers, l'économie est substantielle.
Le rapport calcule un ROI benchmark : chaque euro investi dans un programme bien-être bien conçu génère en moyenne 2,30 euros de valeur récupérée sous forme de coûts de turnover et d'absentéisme évités. Ce chiffre varie entre 1,50 et 4,20 euros selon le secteur et le niveau de sophistication du programme.
Absentéisme et productivité : les données opérationnelles
Au-delà de la rétention, le rapport Wellhub 2026 documente deux impacts opérationnels souvent moins bien mesurés dans les entreprises : l'absentéisme et la productivité déclarée.
Sur l'absentéisme, les entreprises qui proposent des programmes bien-être complets, définis dans le rapport comme couvrant au minimum le mouvement physique, le soutien psychologique et la nutrition, rapportent 28% de taux d'absentéisme inférieur et 19% de moins de journées d'arrêt maladie que les entreprises sans programme structuré. Ces données sont auto-déclarées par les DRH interrogés, avec un échantillon de 1 200 entreprises de plus de 100 salariés.
Sur la productivité, 78% des salariés qui utilisent régulièrement leurs avantages bien-être déclarent se sentir plus productifs au travail. Ce chiffre est difficile à objectiver, mais il est cohérent avec les données biométriques disponibles sur les effets de l'activité physique régulière sur la concentration, la mémoire de travail et la gestion du stress.
Le point plus surprenant du rapport : l'impact n'est pas linéaire avec le volume d'avantages proposés. Les entreprises qui offrent un catalogue très large mais peu utilisé obtiennent de moins bons résultats que celles qui proposent moins d'options mais avec un taux d'utilisation réel élevé. La qualité de l'adoption prime sur la largeur de l'offre.
Le fossé adoption : 67% d'offre, 31% de satisfaction
Le chiffre le plus instructif du rapport Wellhub 2026 n'est pas dans les données de performance, c'est dans le fossé entre l'offre et la pertinence perçue. 67% des salariés interrogés déclarent que leur entreprise propose des avantages bien-être. Mais seulement 31% estiment que ces avantages correspondent réellement à leurs besoins.
Ce fossé de 36 points explique en grande partie pourquoi de nombreuses entreprises investissent dans le bien-être sans en mesurer de retour. Un abonnement salle de sport proposé à des salariés qui travaillent principalement à distance et qui ont peu de temps pour se déplacer n'a pas le même impact qu'une plateforme hybride donnant accès à des salles proches du domicile, des cours en ligne, et un suivi nutritionnel.
La personnalisation est le levier le plus sous-exploité. Wellhub note que les entreprises qui segmentent leur offre bien-être par profil de salarié, plutôt que de proposer un package unique pour tous, obtiennent des taux d'utilisation 2,4 fois plus élevés et des scores de satisfaction bien-être 40% supérieurs.
Ce que ça implique pour les décisions RH 2026-2027
Pour les équipes RH qui planifient leurs budgets 2026-2027, le rapport Wellhub soulève trois questions pratiques.
La première est de mesure : est-ce que vous tracez réellement le taux d'utilisation de vos avantages bien-être ? Non pas l'activation (combien de salariés ont accès), mais l'utilisation réelle (combien s'en servent au moins deux fois par semaine). C'est l'indicateur qui prédit le mieux les résultats sur la rétention.
La deuxième est de design : est-ce que votre programme couvre au minimum les trois piliers documentés par le rapport, mouvement physique, soutien psychologique, nutrition, ou est-il mono-dimensionnel ? Les programmes mono-pilier (ex : salle de sport seulement) obtiennent en moyenne 40% de résultats inférieurs sur la rétention par rapport aux programmes multi-piliers.
La troisième est de positionnement : est-ce que le bien-être est présenté à vos salariés comme un avantage supplémentaire ou comme un engagement de l'entreprise vis-à-vis de leur santé ? Le rapport montre que la façon dont le programme est communiqué impacte le taux d'adoption autant que le contenu lui-même.