The Gym Group a annoncé début 2026 un plan d'expansion ambitieux : 75 nouveaux sites au Royaume-Uni sur les 3 prochaines années, portant son réseau de 260 à 335+ clubs d'ici 2029. Ce qui distingue ce plan des annonces habituelles : il est financé entièrement par les flux de trésorerie de l'entreprise, sans levée de fonds externe ni dette supplémentaire.
Pour les opérateurs de salles de sport — qu'ils gèrent 1 club ou 50 — c'est un cas d'école sur la croissance disciplinée dans le segment HVLP (High Value, Low Price).
Ce qu'il faut retenir
- 260+ clubs actuellement, objectif 335+ d'ici 2029
- 75 nouveaux sites sur 3 ans, financés par les flux de trésorerie opérationnels
- 20-22 ouvertures prévues en 2026, contre 16 en 2025 et 12 en 2024
- Format cible : 465 à 1 850 m² (5 000 à 20 000 sq ft), baux et propriété
- Le modèle HVLP évolue : récupération, IA, Pilates ajoutés à l'offre low-cost
La mécanique derrière 75 sites sans financement externe
La plupart des chaînes de fitness qui s'étendent rapidement le font avec du capital externe : fonds de private equity, dettes bancaires, levées de fonds. The Gym Group prend un autre chemin : l'autofinancement par les opérations.
Le modèle fonctionne ainsi. Chaque club génère une marge opérationnelle suffisante pour couvrir le coût d'ouverture du prochain. Plus le réseau grandit, plus la machine s'accélère d'elle-même. The Gym Group a atteint un stade où la croissance ne coûte rien aux actionnaires en dilution — elle se paye seule.
Ce n'est pas donné à tous les opérateurs. Cela suppose :
- Des coûts unitaires d'ouverture maîtrisés (format standardisé, processus industrialisé)
- Un taux de remplissage des clubs existants qui génère le cash nécessaire
- Une discipline de gestion : pas de vanité, pas de sites trop grands
Le format cible : entre 465 et 1 850 m²
The Gym Group cible des espaces de 5 000 à 20 000 pieds carrés (environ 465 à 1 850 m²), aussi bien en bail qu'en propriété. Ce format est délibérément flexible — il permet de s'installer dans des zones commerciales, des friches industrielles reconverties, des centres commerciaux en restructuration.
La stratégie d'implantation s'appuie sur deux critères : la densité de population dans un rayon de 2 km, et l'absence de concurrent HVLP direct sur la zone. The Gym Group n'essaie pas de prendre des parts de marché à Equinox — il cherche les zones où la population n'a pas encore accès à un gym abordable.
HVLP 3.0 : plus seulement du bas de gamme
L'expansion de The Gym Group s'inscrit dans une évolution plus large du segment HVLP. La salle à 25 £/mois qui proposait des haltères et des tapis n'est plus. Le HVLP 3.0 intègre :
- Des zones de récupération (bains froids, thérapies par compression)
- Des cours de Pilates et de mobilité — les formats à la croissance la plus rapide selon Mariana Tek
- Des équipements connectés (EGYM, Technogym BIOCIRCUIT) qui personnalisent l'entraînement
- Des partenariats avec des wearables (Garmin, Whoop) pour le suivi de la récupération
Le résultat : un club abordable qui offre une expérience membre proche de ce qu'on trouvait uniquement dans les clubs premium il y a 5 ans. L'écart de valeur entre budget et premium se réduit. Le milieu de marché en est le grand perdant.
Ce que les opérateurs indépendants peuvent en retenir
La plupart des lecteurs de keedia gèrent 1 à 5 clubs, pas 260. Mais le modèle The Gym Group enseigne des principes applicables à n'importe quelle échelle :
Standardiser le format avant d'ouvrir le deuxième site. The Gym Group n'improvise pas d'un site à l'autre. Chaque nouveau club utilise le même processus d'équipement, le même plan de sol type, la même structure d'équipe. Ça réduit les coûts d'ouverture et raccourcit le délai avant le seuil de rentabilité.
Financer la croissance par les opérations, pas par la dette. Ouvrir un deuxième club avec un crédit non sécurisé, c'est risqué. Le financer avec le cash généré par le premier club, c'est de la croissance durable. Moins glorieux, mais bien plus robuste.
Choisir les zones sous-équipées, pas les zones concurrentielles. The Gym Group ne cherche pas à battre PureGym dans ses zones. Il cherche les zones sans PureGym. Pour un opérateur indépendant, la logique est la même : mieux vaut être le seul gym de qualité dans une zone que le troisième dans une zone saturée.