Marathon des Sables 2026 : El Morabity et Nakache dominent le désert
Le sable du Sahara a encore parlé. La 41e édition du Marathon des Sables s'est refermée sur deux performances qui resteront gravées dans l'histoire de l'ultra-running : Mohamed El Morabity a une nouvelle fois régné en maître sur les dunes marocaines, pendant que Maryline Nakache écrasait la concurrence chez les femmes. Une édition 2026 qui confirme, si c'était encore nécessaire, que cette course reste l'épreuve la plus mythique du calendrier mondial.
Six jours de course. Environ 250 kilomètres à travers l'Erg Chebbi et les vallées de pierre. Des températures qui grimpent régulièrement au-delà des 50 degrés dans les zones abritées. Le Marathon des Sables, c'est pas une course comme les autres. C'est un combat contre soi-même, contre les éléments, et contre le temps qui s'étire dans l'immensité du désert.
El Morabity : l'homme qui réécrit l'histoire
Mohamed El Morabity n'est plus simplement un champion. Il est désormais la référence absolue du Marathon des Sables, l'athlète à qui tout le monde compare ses propres performances depuis des années. Sa victoire en 2026 vient allonger une liste de titres qui force le respect de toute la communauté ultra.
Ce qui frappe chez El Morabity, c'est pas uniquement sa vitesse sur les étapes courtes. C'est sa capacité à gérer l'effort sur la longue étape, celle qui dépasse les 80 kilomètres et qui brise les jambes les plus solides. Bah en fait, c'est là que se jouent les victoires au MdS, et le Marocain le sait mieux que quiconque. Il dose, il surveille, et quand c'est le moment d'accélérer, il le fait avec une précision chirurgicale.
Son programme de préparation est réputé pour son volume en altitude et ses séances de double journée dans des conditions de chaleur extrême, une adaptation physiologique progressive qui lui permet de maintenir une fréquence cardiaque stable là où d'autres voient leur corps flancher. Du coup, quand les températures explosent en milieu d'après-midi, El Morabity court pendant que ses adversaires survivent.
La communauté running mondiale ne s'y trompe pas. Comme les 30 000 coureurs qui se préparent pour le Boston Marathon 2026, les participants du MdS représentent une élite de pratiquants capables de repousser leurs limites bien au-delà du raisonnable. Mais El Morabity, lui, semble vivre là où les autres s'épuisent.
Nakache : une domination féminine sans appel
Du côté des femmes, Maryline Nakache a livré une course d'une maîtrise impressionnante. La Française a géré ses étapes avec une intelligence tactique rare, ne laissant jamais ses poursuivantes espérer un retour possible. Sa victoire n'est pas un coup de chance. C'est le fruit d'une préparation longue, méthodique, construite autour d'un seul objectif.
Nakache a dominé notamment sur les étapes techniques, celles qui mélangent sand dunes abruptes et passages rocheux exigeant une dépense énergétique variable et imprévisible. Sa technique de course dans le sable mou, avec un appui plus court et une fréquence de pas élevée, lui a permis de limiter les pertes caloriques là où d'autres s'enfoncent à chaque foulée.
La gestion de l'hydratation et de la nutrition reste un facteur clé au MdS. Les athlètes portent leur propre nourriture sur le dos pendant toute la semaine. Chaque gramme compte. Nakache avait optimisé son ravitaillement autour d'un ratio calories/poids au gramme près. Ce travail en amont, souvent invisible, fait toute la différence quand les jambes commencent à peser le double à partir du quatrième jour.
Sa performance rappelle que l'ultra-endurance féminine est en train de vivre une période exceptionnelle. Partout dans le monde, des athlètes comme Nakache repoussent les limites de ce que le corps humain est capable d'accomplir. C'est pas sans rappeler les histoires de résilience qu'on voit fleurir dans l'ultra-running mondial, comme les 50 000 coureurs du Marathon de Jérusalem 2026 qui ont couru malgré la guerre. Le sport, dans ses formes les plus extrêmes, porte quelque chose de profondément humain.
Un plateau mondial : 50 pays réunis dans le Sahara
L'édition 2026 du Marathon des Sables a accueilli des participants venus de plus de 50 pays. Un record de diversité géographique qui confirme que la course a largement dépassé son statut d'événement européen de niche pour devenir la référence mondiale de l'ultra-running multi-étapes.
Les États-Unis, le Japon, l'Australie, le Brésil, l'Inde. Des profils très différents, des cultures sportives variées, mais un même dossard et une même ligne de départ dans les dunes de l'Erg Chebbi. Y'a quelque chose d'assez incroyable à voir autant de personnes issues d'horizons si différents partager la même tente bivouac et se serrer les coudes à 3h du matin quand les températures nocturnes tombent brusquement.
Le taux de finishers reste élevé, autour de 85 à 90 % selon les éditions, ce qui est remarquable pour une course de cette envergure. Les abandons existent, souvent liés aux ampoules sévères, aux hyponatrémies ou aux coups de chaleur, mais l'organisation médicale du MdS est reconnue comme l'une des plus sérieuses du circuit ultra mondial. Plus de 50 médecins et infirmiers sont déployés sur le parcours à chaque édition.
La montée en puissance des coureurs asiatiques est particulièrement notable en 2026. Plusieurs athlètes japonais et coréens ont terminé dans le top 30 masculin, un positionnement qui confirme le travail de développement de l'ultra-running en Asie de l'Est ces dernières années. La chaleur humide de leurs séances d'entraînement estivales leur donne une certaine capacité d'adaptation aux conditions extrêmes, même si la chaleur sèche du Sahara reste une discipline à part entière.
Pour les athlètes qui cherchent à pousser leur endurance encore plus loin et à comprendre comment leur corps réagit aux efforts prolongés, il est utile de s'interroger sur quel sport est réellement le plus efficace pour la gestion de la glycémie, une question centrale pour tous ceux qui courent plusieurs heures d'affilée sans ravitaillement extérieur.
Ce que cette édition change pour le futur du MdS
Au-delà des performances individuelles, l'édition 2026 marque un tournant dans la communication autour de l'événement. Pour la première fois, l'organisation a déployé des capteurs de données biométriques sur une sélection d'athlètes volontaires, permettant de suivre en temps réel la fréquence cardiaque, la température corporelle et la saturation en oxygène des coureurs. Des données précieuses pour la recherche en médecine sportive.
Le suivi technologique de la performance en ultra-endurance est devenu un enjeu majeur. Les marques spécialisées en wearables s'intéressent de très près à ces événements extrêmes pour tester leurs capteurs dans des conditions que nul laboratoire ne peut reproduire. C'est le même type de dynamique qu'on observe dans d'autres disciplines de performance, comme le partenariat de Suunto avec des athlètes d'élite avant Boston 2026, qui illustre bien cette fusion entre technologie et ultra-performance.
L'ultra-running multi-étapes attire aussi de plus en plus de coureurs qui ont commencé par le marathon classique et cherchent un défi supérieur. Le MdS représente pour beaucoup d'entre eux la version ultime de ce que signifie "courir". Pas juste une distance. Une immersion totale, un abandon de confort, une confrontation directe avec ses propres limites physiques et mentales.
- Étape la plus longue : plus de 80 kilomètres, courus de nuit pour une partie des participants
- Température max enregistrée : 53,4 degrés au sol sur l'étape 3
- Poids moyen du sac : entre 6,5 et 9 kilogrammes selon les stratégies nutrition
- Nombre de participants : plus de 1 100 dossards distribués en 2026
- Taux de finishers : estimé à 87 % sur l'édition 2026
Mohamed El Morabity et Maryline Nakache repartent du Sahara avec bien plus qu'une médaille. Ils repartent avec la confirmation que leur corps, leur mental et leur méthode sont actuellement au sommet de ce que l'ultra-running mondial peut produire. La prochaine édition du Marathon des Sables sera, comme toujours, l'occasion de voir si quelqu'un est enfin capable de les détrôner. Mais pour l'instant, le désert leur appartient.