Une nouvelle étude publiée dans Frontiers in Nutrition (2025) est la première à comparer directement la supplémentation en oméga-3 riche en EPA versus riche en DHA chez des athlètes d'endurance entraînés. Résultat : les deux formes réduisent la fréquence cardiaque sous-maximale — mais seul l'EPA augmente le quotient respiratoire. Ce que ça veut dire concrètement pour ton entraînement.
Points clés
- Étude 6 semaines, athlètes d'endurance masculins entraînés (Frontiers in Nutrition 2025)
- EPA et DHA : réduisent tous deux la FC sous-maximale et la perception d'effort
- Seul l'EPA : augmente le quotient respiratoire lors de l'exercice — signal d'une meilleure utilisation des substrats
- Oméga-3 + résistance : réduction des marqueurs inflammatoires de 27-41%, amélioration du statut antioxydant
- Recommandation : 2-3g d'EPA+DHA/jour pour les athlètes actifs
Ce que l'étude a testé
Pendant 6 semaines, deux groupes d'athlètes masculins entraînés ont reçu soit un supplément riche en EPA, soit un supplément riche en DHA, à doses équivalentes. Les chercheurs ont mesuré plusieurs paramètres d'exercice sous-maximal sur tapis roulant. C'est la première fois qu'une étude sépare rigoureusement les effets des deux formes d'oméga-3 chez des athlètes d'endurance — la plupart des études antérieures utilisaient un mélange EPA+DHA standardisé.
Ce que les deux formes partagent
Les deux suppléments ont réduit significativement la fréquence cardiaque lors de l'exercice sous-maximal, et la perception de l'effort (RPE) pour la même intensité. Concrètement : avec la même puissance de pédalage ou la même allure de course, les athlètes avaient un cœur qui battait moins vite et se sentaient moins à l'effort. C'est ce qu'on appelle une amélioration de l'économie d'exercice — faire plus avec moins.
Ce qui distingue l'EPA
L'effet spécifique à l'EPA : une augmentation du quotient respiratoire (RER) pendant l'exercice. Le RER est le ratio CO2 expiré / O2 consommé — il indique quelle proportion de graisses vs glucides le corps utilise comme carburant. Un RER plus élevé suggère une plus grande contribution des glucides au métabolisme énergétique pendant l'effort. L'interprétation de cet effet est encore débattue parmi les chercheurs — il pourrait refléter une meilleure capacité à exploiter les substrats glucidiques à des intensités spécifiques.
Les limites de la recherche
Le corps de la recherche sur les oméga-3 et la performance reste mixte. Une revue récente a conclu que l'impact sur la physiologie d'exercice est inconsistant entre les études. Les bénéfices les plus solides et les plus reproductibles sont sur la récupération et l'adaptation : réduction de l'inflammation post-entraînement, amélioration de la capacité antioxydante, moins de douleurs musculaires retardées. Les effets directs sur la performance en compétition sont plus difficiles à isoler. En pratique, les athlètes qui supplémentent en oméga-3 le font principalement pour la récupération — et les données sur cet aspect sont solides.