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M&A fitness 2026 : ce que Houlihan Lokey anticipe

Houlihan Lokey identifie 2025 comme année record pour le M&A fitness et cible musculation, Pilates et wellness comme verticales premium en 2026.

Wide view of a premium gym floor with cable machines, squat racks, and reformers in golden light.

M&A fitness 2026 : ce que Houlihan Lokey anticipe

Le cabinet d'investissement Houlihan Lokey a publié en mars 2026 sa mise à jour semestrielle du marché fitness. Le verdict est sans ambiguïté : 2025 a été une année record pour les fusions-acquisitions dans le secteur, et 2026 s'annonce au moins aussi dense. Pour les opérateurs indépendants, c'est un signal fort. Le capital institutionnel ne s'est pas calmé. Il s'est repositionné.

La question n'est plus de savoir si les investisseurs s'intéressent au fitness. C'est de comprendre quels modèles ils ciblent, pourquoi, et à quelles valorisations. Ce que l'analyse de Houlihan Lokey révèle est structurant pour tout opérateur qui envisage une sortie dans les 24 à 36 prochains mois.

2025 : une année record qui redéfinit les paramètres du marché

Houlihan Lokey qualifie explicitement 2025 d'année "bannière" pour le M&A fitness. Le volume de transactions a dépassé les cycles précédents, et la diversité des acquéreurs s'est élargie. On ne parle plus uniquement de fonds de private equity spécialisés. Les family offices, les groupes de santé intégrée et les opérateurs cherchant à consolider des parts de marché régionales ont tous accéléré leurs acquisitions.

L'acquisition de 24 Hour Fitness est l'exemple le plus emblématique cité dans le rapport. Une enseigne en difficulté opérationnelle, avec une empreinte immobilière considérable et une base membres massive, reste une cible stratégique de premier ordre. Ce qui a été acquis, c'est pas un modèle opérationnel parfait. C'est une infrastructure : des baux, des localisations, une base de données membres avec des millions de profils.

C'est une leçon directe pour les opérateurs indépendants. Ta valeur ne se résume pas à tes marges actuelles. Elle inclut ton empreinte locale, ton portefeuille membres, et les données comportementales que tu accumules séance après séance.

Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique plus large que l'on observe sur d'autres marchés, notamment avec GymNation, qui a levé 100 millions de dollars auprès de BlackRock pour accélérer son expansion en Asie. La géographie change, mais la logique financière est identique : acheter de l'échelle pendant que le marché est encore fragmenté.

Strength training, Pilates, wellness : les trois verticales qui commandent des multiples premium

Houlihan Lokey identifie trois catégories comme les principaux moteurs de deals en 2026. La musculation et l'entraînement de force, le Pilates, et ce que le rapport appelle les "wellness modalities", c'est-à-dire les services hybrides combinant nutrition, récupération et santé mentale.

C'est pas un hasard. Ces trois catégories répondent à une demande consumer durable, documentée. Le programme de musculation est devenu le cœur de l'offre dans la quasi-totalité des salles premium. Devenir plus fort est désormais l'objectif fitness numéro un déclaré par les pratiquants en 2026, dépassant la perte de poids dans les études de comportement consommateur.

Pour le Pilates, l'attractivité est différente. Le modèle économique des studios boutique est structurellement favorable aux acquéreurs : petite surface, prix de séance élevé, fidélisation forte, faible attrition. Un studio Pilates bien géré peut afficher des revenus récurrents avec une régularité que beaucoup de grandes salles n'atteignent jamais.

Les wellness modalities sont la catégorie la plus hétérogène, mais aussi celle qui offre les plus fortes opportunités de différenciation. Un opérateur qui intègre un suivi nutritionnel structuré, des protocoles de récupération (cryothérapie, compression, sauna infrarouge) et un accompagnement de santé mentale crée une offre que les acquéreurs qualifient de "sticky". La rétention est plus haute, la valeur vie client est plus longue, et le profil de revenus est moins cyclique.

La consolidation franchisée en temps réel : le cas Fitness Ventures

Fin mai 2026, Fitness Ventures a annoncé l'acquisition de 22 clubs Crunch. Ce deal est exactement le scénario que Houlihan Lokey avait identifié comme tendance structurelle : des franchisés plus grands absorbent des unités sous-performantes pour accéder à des économies d'échelle.

C'est le "franchisee consolidation play". Un acquéreur n'achète pas ces clubs parce qu'ils sont excellents individuellement. Il les achète parce que 22 clubs ensemble permettent de mutualiser les achats, d'optimiser la masse salariale régionale, de négocier les baux en position de force, et de déployer des programmes marketing à un coût marginal beaucoup plus bas.

Pour toi en tant qu'opérateur indépendant, ce type de deal a deux lectures possibles. Soit tu es une cible potentielle dans une consolidation similaire. Soit tu comprends que tes concurrents directs vont prochainement bénéficier d'une structure de coûts que tu ne pourras pas répliquer seul. Dans les deux cas, l'inaction n'est pas une option viable.

Cette logique d'intégration et d'échelle se retrouve aussi dans d'autres secteurs adjacents. La fusion Playlist-EGYM à 7,5 milliards de dollars illustre comment la technologie devient elle-même un vecteur de consolidation sectorielle, créant des plateformes que les opérateurs ne peuvent plus ignorer dans leur valorisation.

Ce que les acheteurs institutionnels regardent vraiment

Le rapport Houlihan Lokey est explicite sur les métriques qui déterminent les multiples de valorisation. Y'a pas de mystère là-dedans, mais beaucoup d'opérateurs sous-estiment à quel point leurs données actuelles sont insuffisantes pour une due diligence sérieuse.

Les acheteurs PE et institutionnels regardent en priorité :

  • Le pourcentage de revenus récurrents : quelle proportion de ton chiffre d'affaires provient d'abonnements actifs, stables, avec des taux de prélèvement élevés ?
  • La valeur vie membre (LTV) : combien un membre génère-t-il en moyenne sur toute sa durée d'adhésion ? C'est la métrique qui différencie un modèle sain d'un modèle qui tourne à la conversion permanente.
  • Le taux de rétention à 12 mois : les acquéreurs savent que recruter un membre coûte entre 3 et 7 fois plus cher que de le retenir. Une rétention élevée comprime le coût d'acquisition effectif.
  • La diversification des revenus : coaching premium, nutrition, récupération, événements. Un opérateur mono-produit est plus exposé et valorisé avec une décote.
  • La qualité du reporting : si tu ne peux pas sortir proprement ces chiffres à la demande, tu perds du temps et de la valeur en phase de due diligence.

Si ton horizon de sortie est à 24 à 36 mois, le travail commence maintenant. Pas au moment où tu reçois une offre indicative.

Construire un modèle qui attire le capital

La bonne nouvelle, c'est que les trois verticales identifiées par Houlihan Lokey sont accessibles à des opérateurs indépendants de taille moyenne. T'as pas besoin de 50 clubs pour être attractif. T'as besoin d'un modèle cohérent, documenté, et scalable.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Si ton offre actuelle est centrée sur la musculation et l'entraînement de force, tu es déjà dans le bon couloir. Renforce le volet programmation, documente les résultats membres, et crée des offres d'abonnement annuelles qui augmentent ton ARPU (revenu moyen par utilisateur). Un programme de suivi de séances structuré avec des indicateurs de progression objective est un argument de valorisation direct.

Si tu envisages d'intégrer du Pilates ou des services de wellness, le modèle de David Lloyd, valorisé à 2,3 milliards de livres sterling dans le cadre d'un continuation fund PE, montre que l'intégration wellness-fitness premium est la thèse d'investissement dominante chez les grands opérateurs européens.

L'axe wellness mérite une attention particulière. La demande pour des services intégrant nutrition, récupération et suivi de santé globale est en croissance structurelle. Les études comportementales montrent que les membres qui utilisent plusieurs services dans la même enseigne ont une LTV deux à trois fois supérieure à ceux qui viennent uniquement pour s'entraîner.

Du côté de la récupération et du suivi biologique, des plateformes comme Function illustrent l'appétit des investisseurs pour tout ce qui touche au diagnostic et à la personnalisation santé, un territoire que les salles de sport ont longtemps sous-exploité mais qui devient un vrai levier de différenciation et de rétention.

Le calendrier compte autant que le modèle

Houlihan Lokey anticipe une activité M&A soutenue en 2026, mais les cycles d'acquisition ne durent pas indéfiniment. Les fenêtres de valorisation premium sont liées à la compétition entre acquéreurs. Quand le marché se normalise, les multiples se compriment.

Si t'es opérateur indépendant avec un horizon de sortie ou de levée de fonds dans les trois prochaines années, le moment d'optimiser ton modèle, c'est maintenant. Pas dans 18 mois quand tu te mettras à chercher un conseiller. La donnée que tu construis aujourd'hui, c'est la preuve que tu présenteras demain.

Les deals qui se font en 2026 ont été préparés en 2023 et 2024. Ceux de 2028 se préparent en ce moment. Le fitness reste un secteur où les fondamentaux opérationnels déterminent la valeur finale, mais les acquéreurs institutionnels achètent aussi une thèse de croissance. Et cette thèse, c'est toi qui dois la construire et la documenter avant même que la conversation commence.