Le 8 septembre 2026, l'organisation du Marathon des Sables a confirmé deux éditions au calendrier 2027 au Maroc. Pour les ultra-runners qui cherchent à franchir un cap, c'est le signal de départ. Pas une course de plus sur la liste. La course. Celle dont on parle pendant des années avant de s'y inscrire, et encore plus longtemps après l'avoir terminée.
Si tu es en train de lire cet article, t'es probablement déjà au stade où les 100 miles ne te font plus peur. Ou alors tu commences à te demander ce qu'il y a après. Dans les deux cas, voilà ce qu'il faut savoir avant de sortir ta carte bleue.
Ce que le MdS représente vraiment
Le Marathon des Sables, c'est 250 kilomètres à travers le Sahara marocain, répartis sur six étapes. Course autoportée : tu portes ta bouffe, ton matériel, ta survie. L'organisation fournit l'eau et les tentes. Le reste, c'est toi qui t'en occupes, sur ton dos, dans une chaleur qui peut dépasser les 50 degrés à l'ombre.
Largement considéré comme la course à pied la plus dure du monde, le MdS attire chaque année des milliers de candidatures pour quelques centaines de dossards. Les étapes varient entre 30 et 90 kilomètres, avec une longue journée souvent supérieure à 70 km qui constitue le coeur éprouvant de l'épreuve. Le terrain alterne entre dunes molles, pistes rocailleuses et plaines poussiéreuses. Les nuits sont froides. Les journées brûlent.
Ce n'est pas un ultra comme les autres. C'est une logistique, une physiologie, un état d'esprit. Les trois doivent être alignés.
Pour qui cette course est vraiment faite
Soyons directs : le MdS n'est pas une progression naturelle après ton premier semi-marathon. C'est une étape qui s'adresse aux ultra-runners expérimentés, ceux qui ont déjà des 100 miles ou plusieurs 100 km dans les jambes, et qui cherchent un défi d'une autre dimension.
Si tu te demandes encore quelle course ultra choisir pour cette saison ou la prochaine, notre guide pour choisir ta course ultra d'automne 2026 peut t'aider à situer où tu en es dans ta progression. Le MdS, lui, se mérite sur plusieurs années de préparation sérieuse.
Le profil type du finisher MdS, c'est quelqu'un qui sait gérer la douleur sur la durée, qui a déjà navigué des imprévus en course, et qui comprend son corps suffisamment bien pour ne pas s'effondrer au troisième jour. L'expérience de la nuit en course est un plus. La capacité à manger froid, à dormir peu et à continuer quand même est indispensable.
Pourquoi deux ans de préparation, c'est pas du luxe
La confirmation des deux événements 2027 dès septembre 2026 offre une fenêtre rare : du temps. Et dans le contexte du MdS, le temps est la ressource la plus précieuse que tu aies.
La préparation sérieuse pour un MdS s'étale sur douze à dix-huit mois minimum. Certains coureurs consacrent deux ans à peaufiner chaque paramètre. Ce délai n'est pas de la prudence excessive. C'est de la lucidité. Les erreurs qui te coûtent une course au MdS, tu n'as pas le luxe de les découvrir au kilomètre 80.
L'accumulation de volume en trail, les sorties longues avec sac lesté, la gestion de l'alimentation solide à l'effort, la résistance aux ampoules : tout ça se travaille sur des mois, pas des semaines. Si tu commences à structurer ton programme dès maintenant, tu arrives en 2027 avec une base solide et sans précipitation.
Ce que ta préparation doit absolument intégrer
La préparation au MdS diffère fondamentalement d'un programme marathon classique sur trois points critiques.
L'acclimatation à la chaleur. Courir dans le Sahara sans y avoir préparé ton corps, c'est jouer avec ta sécurité. Les protocoles d'acclimatation chaleur incluent des séances en tenue chaude, des bains chauds post-effort, voire des stages dans des environnements arides. Le corps peut s'adapter physiologiquement en deux à quatre semaines de stimuli réguliers, mais cette adaptation doit être entretenue.
La course avec sac lesté. Le port d'un sac de 6 à 10 kilogrammes change tout : la foulée, la posture, les contraintes articulaires. Il ne s'agit pas d'ajouter du poids à tes sorties du dimanche. Il faut intégrer progressivement le sac dans tes séances, d'abord sur terrain plat, puis en dénivelé, puis sur des longues distances. L'entraînement en altitude, qui renforce la capacité cardio-respiratoire et l'économie de course, s'intègre très bien dans une préparation MdS à mi-parcours.
La gestion des ampoules. Ce point est sous-estimé de façon systématique. Des études sur le MdS montrent que les problèmes podologiques sont la première cause d'abandon et de souffrance inutile. Le choix des chaussettes, le traitement préventif des pieds, la technique de strapping : ce sont des compétences techniques à acquérir et à tester en conditions réelles bien avant le départ.
- Acclimatation chaleur : protocole sur 4 à 6 semaines avant la course, avec séances en conditions chaudes
- Sac lesté : intégration progressive sur 12 mois, objectif 8 à 10 kg en séance longue
- Podologie préventive : strapping, chaussettes adaptées, entraînement avec le matériel de course exact
- Nutrition autoportée : apprendre à courir et marcher avec 2000 kcal par jour minimum en format compact et léger
- Gestion du sommeil en course : séances nocturnes, gestion de la fatigue accumulée sur plusieurs jours
La nutrition : un sujet à part entière
Au MdS, tu portes ta nourriture. Chaque gramme dans ton sac compte. La contrainte calorique minimale imposée par le règlement tourne autour de 2000 kcal par jour, mais la réalité de l'effort en exige souvent 3000 à 3500. Trouver l'équilibre entre densité calorique, palatabilité après plusieurs jours d'effort et tolérance digestive à la chaleur est un vrai travail de préparation.
Les coureurs expérimentés passent parfois plusieurs mois à tester leur alimentation de course en conditions réelles. Les aliments lyophilisés, les oléagineux, les barres adaptées à la chaleur. La tolérance digestive change à l'effort intense et en environnement chaud : ce qui passe bien sur un 50 km peut devenir un problème sur le quatrième jour du MdS.
Sur le plan micronutritionnel, la gestion de l'inflammation chronique liée aux semaines d'entraînement intensif mérite attention. Certains coureurs s'intéressent aux anti-inflammatoires naturels pour soutenir la récupération sur les phases de charge. La quercétine et la question de sa biodisponibilité réelle font partie des pistes explorées sérieusement dans la communauté ultra.
La dimension mentale que personne ne prépare assez
Les récits de finishers MdS convergent presque tous sur un point : la crise mentale du troisième ou quatrième jour. C'est là que le corps est épuisé, que la motivation initiale s'effrite, que les ampoules font vraiment mal et que la question "pourquoi je fais ça" s'impose avec une acuité particulière.
Préparer cet aspect passe par des séances intentionnellement inconfortables. Des sorties en conditions dégradées, sous la pluie froide ou dans la chaleur, fatigué, avec un sac lourd. L'objectif n'est pas de te maltraiter. C'est de construire une bibliothèque mentale de situations difficiles que tu as traversées et dont tu t'es sorti. Le corps se souvient. La tête aussi.
La gestion de l'humeur sur des efforts multi-jours est un sujet de recherche sérieux. Les mécanismes neurochimiques qui régulent la motivation à l'effort prolongé sont réels, et certains suppléments montrent des effets mesurables sur la résilience psychologique à l'effort. Structurer ta semaine d'entraînement dès l'automne te permettra de construire cette résilience progressivement, sans te cramer avant même d'arriver au départ.
Par où commencer maintenant
T'as deux ans. C'est à la fois beaucoup et exactement ce qu'il faut. Voici comment aborder les prochains mois de façon concrète.
- Évalue ta base actuelle : volume hebdomadaire, expérience sur ultra, résistance à la chaleur, état de tes pieds après des longues distances
- Identifie un coach spécialisé en ultra et trail : la préparation MdS mérite un regard extérieur, surtout pour doser la charge avec sac lesté
- Planifie des courses intermédiaires : un 100 km trail, un ultra autoporté, une course en chaleur si possible
- Commence à tester ton équipement : chaussures, chaussettes, sac, alimentation. Rien ne doit être découvert au Maroc
- Intègre l'acclimatation chaleur dans ton programme annuel : un bloc de quatre semaines en conditions chaudes, douze semaines avant la course
Le Marathon des Sables 2027 est une chance. Deux éditions confirmées, une fenêtre de préparation longue, et pour les ultra-runners prêts à franchir le cap, l'une des aventures les plus intenses que le sport endurance peut offrir. Le Sahara ne pardonne pas l'improvisation. Mais il récompense ceux qui arrivent prêts.