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M&A fitness 2026 : le rapport Houlihan Lokey décrypté

Le rapport Houlihan Lokey mars 2026 identifie strength training, Pilates et wellness comme moteurs du M&A fitness. Ce que ça change concrètement pour les opérateurs.

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M&A fitness 2026 : le rapport Houlihan Lokey décrypté

Le cabinet Houlihan Lokey a publié en mars 2026 sa mise à jour semestrielle sur le marché fitness. Le verdict est sans ambiguïté : 2025 a été une année record pour les fusions-acquisitions dans le secteur. Et 2026 s'annonce encore plus dense. Pour les opérateurs de salles, qu'ils gèrent un site unique ou un réseau régional, ce rapport n'est pas une lecture facultative. C'est une feuille de route.

Y'a trois modalités qui concentrent l'essentiel de l'intérêt des acheteurs : la musculation et le strength training, le Pilates, et les offres de bien-être intégré. Ces segments ne sont pas juste tendance. Ils structurent des deals concrets, à des valorisations qui font réfléchir tout opérateur sérieux.

Strength training, Pilates, wellness : les trois piliers du deal flow 2026

Houlihan Lokey identifie clairement les modalités qui attirent les capitaux privés en 2026. Le strength training arrive en tête, porté par une demande membres en forte croissance et par des données probantes solides sur ses effets à long terme. Le Pilates, lui, bénéficie d'un positionnement premium et d'une fidélisation membre exceptionnelle. Le bien-être intégré, enfin, permet aux opérateurs de capter plusieurs flux de revenus récurrents sur un même site.

Ces dynamiques se lisent directement dans les deals en cours. Le rollup Aligned Fitness autour de 55 studios Club Pilates illustre parfaitement la thèse : agréger des actifs Pilates premium dans des marchés à fort pouvoir d'achat, standardiser l'opérationnel, puis optimiser les marges à l'échelle. La fusion Playlist-EGYM, valorisée à 7,5 milliards de dollars, va encore plus loin en combinant une plateforme digitale de fitness avec un équipementier technologique de premier plan.

Cette dernière opération est révélatrice d'une tendance de fond. Les acheteurs ne cherchent plus seulement des salles. Ils cherchent des actifs hybrides capables de générer du revenu numérique récurrent en parallèle du chiffre d'affaires physique. C'est exactement ce que décrit le marché du fitness hyper-personnalisé estimé à 31 milliards de dollars d'ici 2036, un segment où la donnée membre devient un actif valorisable à part entière.

Du côté du coaching, cette évolution se perçoit aussi dans les attentes des clients. Les séances de musculation guidées par des programmes adaptatifs et des coaches formés aux nouvelles approches hybrides deviennent un différenciateur fort. Les opérateurs qui n'ont pas encore structuré cette offre se retrouvent à expliquer un écart de valorisation lors de la diligence.

Flynn-Grand Fitness et VivaGym-Synergym : deux structures de deal, une même logique

L'acquisition par le Flynn Group de Grand Fitness Partners, soit 98 clubs Planet Fitness, clôturée le 31 mars 2026, et la fusion VivaGym-Synergym créant un réseau de 450 clubs sur la péninsule ibérique. Ces deux opérations semblent différentes en surface. En réalité, elles illustrent les deux architectures de deal qui dominent le marché.

Le deal Flynn-Grand Fitness est un cas d'école de consolidation franchisée grande surface à bas coût (HVLP). Le Flynn Group, déjà connu pour ses positions dans la restauration rapide, applique ici une logique identique : racheter un franchisé performant dans un réseau à marque forte, extraire des synergies opérationnelles sur les achats, la paie et le marketing, puis optimiser site par site. À 98 clubs d'un coup, l'effet d'échelle est immédiat.

Le deal VivaGym-Synergym répond à une autre thèse : la domination d'un marché régional. Quand tu contrôles 450 clubs sur un territoire défini, tu changes de statut. Tu passes de concurrent à infrastructure. Les barrières à l'entrée pour un nouvel acteur deviennent structurelles. C'est ce que confirme l'analyse du marché fitness européen 2026, qui enregistre des records historiques sur les volumes de transactions et les multiples de valorisation.

Ces deux logiques coexistent et ne s'excluent pas. Un opérateur régional avec 8 à 15 clubs bien positionnés peut intéresser les deux types d'acheteurs selon la géographie et le positionnement tarifaire. La question n'est pas "qui va racheter", mais "à quelle condition tu te rends attractif".

Ce que le rapport dit aux opérateurs indépendants : l'EBITDA comme langage universel

C'est là que le rapport Houlihan Lokey devient vraiment utile pour les opérateurs qui ne sont pas encore dans une dynamique de cession. Les données de due diligence utilisées par les fonds PE en 2026 pointent trois métriques déterminantes : la qualité de la marge EBITDA, le taux de rétention membre, et la part de revenu digital récurrent.

La qualité de la marge EBITDA. Pas juste le niveau, la qualité. Un EBITDA de 22 % construit sur une masse salariale optimisée et des charges fixes maîtrisées vaut bien plus qu'un EBITDA de 25 % obtenu en compressant la maintenance ou en sous-staffant les séances de groupe. Les acheteurs expérimentés déroulent les retraitements ligne par ligne.

Le taux de rétention membre est devenu un proxy de la santé de l'offre. Un club avec 78 % de rétention à 12 mois dit quelque chose de précis sur la qualité de l'expérience membre, la pertinence des programmes proposés et la compétence des coaches. Les études récentes montrent d'ailleurs que la variété des séances proposées joue un rôle direct dans l'engagement long terme. Une étude portant sur 100 000 personnes confirme que varier ses entraînements allonge la durée de pratique, un signal que les opérateurs avisés ont traduit en offre programmée plus large.

La part de revenu digital récurrent, enfin, est le critère qui a le plus progressé dans les grilles d'analyse PE depuis 2023. Un abonnement app, un programme de coaching à distance, une offre hybride séance physique plus suivi digital : ces lignes de revenus changent le profil de risque d'un actif aux yeux d'un acquéreur. Elles lissent la saisonnalité, réduisent la dépendance au trafic physique, et augmentent la valeur vie client.

Sur ce dernier point, les données wearables commencent à jouer un rôle opérationnel concret. La progression de 42 % des wearables fitness au T1 2026 signalée par Garmin indique que les membres arrivent en séance avec des données précises sur leur fréquence cardiaque, leur récupération, leur historique d'effort. Les opérateurs qui savent exploiter ces données pour personnaliser les programmes et la relation membre construisent un avantage concurrentiel mesurable.

Préparer son actif : les leviers concrets avant toute opération

Pour un opérateur qui envisage une cession dans les 24 à 36 mois, ou qui veut évaluer une croissance externe, le rapport Houlihan Lokey dessine un agenda opérationnel très clair.

  • Nettoyer la comptabilité analytique. Sépare les charges de structure des charges d'exploitation par site. Les acheteurs veulent lire un EBITDA normalisé par club, pas une consolidation globale qui cache les disparités.
  • Construire un tableau de bord rétention. Taux d'attrition mensuel, durée moyenne d'abonnement, taux de réactivation. Ces métriques doivent être disponibles sur 24 mois minimum avant toute discussion avec un acquéreur.
  • Lancer ou formaliser une offre digitale. Même modeste, une offre d'accompagnement entre les séances, un programme structuré accessible via app, ou un suivi coach régulier ajoute une ligne de revenu récurrent valorisable. La tendance au plafonnement du nombre de membres aux États-Unis à 81 millions montre que la croissance ne viendra plus du volume brut mais de la valeur par membre.
  • Documenter la formation des coaches. Dans un contexte où les modalités premium comme le Pilates et le strength training pilotent les valorisations, le niveau de qualification de tes coaches est un actif. Un pool de coaches certifiés sur des modalités en demande, c'est une barrière à la réplication pour un acquéreur.
  • Évaluer ta position géographique. La thèse de domination régionale (VivaGym-Synergym) montre qu'un réseau compact sur un marché local bien défini peut peser lourd dans une logique consolidante. Deux clubs supplémentaires dans ta zone de chalandise principale peuvent changer ton profil d'actif plus qu'une ouverture dans une nouvelle ville.

Le marché M&A fitness de 2026 n'est pas réservé aux grands groupes. Il crée des fenêtres pour les opérateurs qui ont fait le travail sur leur modèle opérationnel. Houlihan Lokey ne fait pas que décrire ce qui s'est passé. Il donne les critères exacts sur lesquels les actifs seront évalués dans les 18 prochains mois. Y'a peu de rapports sectoriels aussi directement actionnables.